Adrien FIOEN, promotion 11

Chargé de mission développement durable

Mon passé d’étudiant ?

Après mon  Bac, j’ai fait un BTS aménagement paysager à GENECH, puis j’ai intégré la formation Environnementaliste à l’ISA et eu mon Master 2 en 2006. En entrant dans cette formation, je n’avais pas d’objectif précis en termes de projet professionnel. Cette formation m’a alors permis d’avoir une vision globale de tous les thèmes de l’environnement et de faire un choix en me spécialisant lors de mes stages, lors des différents projets de groupe mais surtout de lier théorie et expérience. J’ai ainsi effectué trois stages lors de cette formation : le premier en cartographie (déplacements – sécurité), le deuxième concernait la mise en place d’un Plan d’Opération Interne (sécurité - incendie)  et le troisième dans la mise en place d’un Plan de Déplacement d’Entreprise.

Mon parcours après la formation ?

Il est directement lié à mon projet de groupe réalisé lors du Master 2. En effet, celui-ci concernait la mise en place du Plan de Déplacement de l’Université Catholique de Lille. Le projet n’étant pas tout à fait finalisé,  je l’ai donc poursuivi lors de mon stage de fin d’études (6 mois) par la mise en place des actions et l’avancée du diagnostic. J’ai également fait une étude de faisabilité sur la mise en place de l’Institut de Développement Durable et Responsable (IDDR) au sein de l’Université Catholique de Lille : un projet qui donna naissance à cet institut en juin 2007. A la suite de cette mission, j’ai été embauché en CDD à l’IDDR, puis en CDI depuis Octobre 2007. J’y exerce le poste de chargé de mission développement durable.

Le fonctionnement de cette structure ?

L’IDDR est constitué de sept membres d’horizons différents tels que des juristes, des scientifiques, des économistes et des sociologues. Cela nous permet de mélanger nos compétences, d’avoir une approche transversale et pluridisciplinaire et d’être donc plus efficace. Je suis le seul permanent de cet institut. Nous intervenons au niveau de l’Institut Catholique de Lille (ICL) qui comprend 6 facultés, le groupement hospitalier (GH-ICL) et une vingtaine d’écoles d’ingénieurs. Mais notre action s’étend également au restaurant et aux résidences universitaires. Notre objectif ? Que la notion de développement durable soit acceptée et intégrée au sein de tous les établissements, que les projets soient multipliés dans ce domaine, que de nouvelles formations « développement durable » soient créées, que la gestion des déchets au sein du campus soit optimisée, que l’énergie (eau, électricité,…) soit maîtrisée, que les déplacements soient facilités et adaptés, que nos gestes au quotidien soient respectueux de l’environnement…En bref, que la notion de « se développer durablement » soit complètement intégrée dans le mode de fonctionnement de chaque structure.

Mon quotidien ?

« A partir de quand fait-on du développement durable et jusqu’où faut-il aller ? » : telle est la question qui articule les actions de l’IDDR. Travaillant avec des associations étudiantes, des directions, des partenaires différents, en collaboration avec des  entreprises et institutions diverses, je dois m’adapter à leurs disponibilités. Je dois également être présent lors de forums, colloques, salons, conférences et évènements concernant le développement durable, ce qui m’oblige à adapter mon emploi du temps en permanence et à ne pas avoir d’emploi du temps fixe. Pour occuper ce poste, il ne faut pas seulement des connaissances environnementales, mais également des compétences sur l’ensemble du développement durable (économie – environnement – social), le management de projet, sur les écoproduits, la gestion des déchets, la maîtrise de l’énergie, les éco-achats…. On doit également faire de la recherche bibliographique, de la veille technique… car on ne peut pas être spécialisé dans tous les domaines. C’est une diversité que je retrouve actuellement avec un projet de création de formation sur l’éco-conception, réalisé en partenariat avec l’ADEME.

Les qualités pour cela ?

Il faut être polyvalent, professionnel, savoir être disponible, organisé, motivé, autonome et avoir la faculté de s’adapter face à des publics et projets de natures diverses. La seule contrainte pour ce poste, se trouve dans la complexité de la structure de travail. On intervient comme je l’ai dit dans plusieurs établissements de nature différente et ayant des fonctionnements, des directions et des volontés d’agir différentes. Tous ces établissements n’ont pas le même niveau de sensibilisation concernant le développement durable et notre action. Mais cela apporte également de l’expérience et il est très riche de travailler avec des structures ayant des méthodes de travail, des approches différentes...

Mes conseils aux Enviros qui attendent le développement durable au cœur de leur future profession ?

Aujourd’hui le développement durable est dans tous les médias. Les évènements se multiplient, on assiste à une vraie mobilisation qui a commencé il y a quelques temps surtout dans le secteur industriel et qui maintenant se généralise et concerne tout le monde (écoles, collectivités, particuliers…). Mais il faut faire attention à ce qu’on entend par la notion de développement durable et être vigilant aux discours trop idéalistes de certains. La formation Environnementaliste est à conseiller car elle est complète. Le tout est de savoir se spécialiser au fil des études, grâce aux nombreux projets de groupe et aux stages qui nous apportent des connaissances concrètes sur un domaine en particulier, tout en ayant des connaissances généralistes sur les autres domaines de compétences. Elle offre de riches perspectives, la preuve étant les personnes de ma promotion avec qui j’ai encore des contacts. Ils travaillent dans des domaines variés comme la gestion des déchets, la sécurité, l’eau, les milieux naturels (même s’ils sont en minorité) dans des types d’institutions différents.

Pour bien réussir cette formation Environnementaliste, sachez-vous spécialiser lors des stages et des projets. Cela peut être une barrière à l’embauche d’être trop généraliste…

Portrait réalisé en octobre 2008 par l’association Enviro’Network.